dimanche 20 octobre 2013

Diagonale des Fous 2013


La Diagonale... Un challenge déjà réalisé en 2011 et conclu en 59h41. Cette année-là, ce fut un vrai supplice d'aller jusqu'au bout, terrassé dès le Km50 par les ampoules et crevasses aux deux pieds et par la tête au Km115. C'est mitigé que j'en avais terminé, fier d'avoir fini et d'avoir pu repousser mes limites, mécontent du peu de mental affiché durant les 60h, déconnectant trop facilement et trop souvent.

Pour cette édition 2013, j'ai suivi une plus grosse préparation avec en moyenne 3 séances par semaine. Beaucoup de doutes malgré tout lié au fait que j'ai pu faire peu de Montagne habitant à Lyon à présent et également lié à ma dernière course au Monteynard sur 50 kilomètres où j'avais fini dans un état lamentable. Pas le moyen de se mettre en confiance. Un bon mois de Septembre et quelques sorties en montagne, font que j'arrive cependant en confiance.

Mais pour finir une Diagonale, il faut une bonne raison. En 2011, elle était toute trouvée : Avoir la fierté et l'honneur d'être un finisher de la Diagonale des Fous, un des Trails les plus durs au Monde. Cette année, je peine à me trouver une raison, je me demande même pourquoi je viens la refaire, il y a un risque que je ne la finisse pas, et donc de devoir "vivre" avec cet échec, alors que finalement j'aurais pu me contenter de l'édition de 2011. Je me motive en voulant améliorer mon chrono, passer sous les 55h et surtout finir en meilleur état qu'en 2011 et donc en profitant de la course.

Rapidement, je vais me rendre compte que ces raisons ne seront pas suffisantes...

Il est 23h, ce jeudi 17 Octobre, et ça y est le départ donné, je m’élance avec 2300 autres fous. Le sentiment qui prédomine à ce moment-là est l’impatience d’en découdre.

- De l’excitation au cauchemar (Km 0 à 40)

Le départ donné, je pars assez vite devant pour éviter les différents bouchons jusqu’au Km6 où je passe en 319ème position. L'ambiance sur ce départ est assez magique, puisqu'avec le changement de ville-départ à présent à Saint-Pierre, on s'élance sur le front de mer acclamé par des milliers et milliers de personnes. Ca donne des frissons et l'impression d'être une "star" !

A partir du Km6, je ralentis car la pente augmente et je surpris de voir que les autres raideurs continuent de courir. Résultant au Km14, je passe 835ème. La route continue à monter en direction du Piton de la Fournaise. Et là, au Km20 environ, on entend au loin du bruit, beaucoup de bruit, et d'un coup on rentre dans une masse de gens, tels les cyclistes du Tour de France en haut d'un col. Ca me donne la chair de poule et me réchauffe !

Mais mon petit rythme et les autres runners qui me doublent sans interruption me font déconnecter : l’envie n’est déjà plus là, et je doute sincèrement de ma capacité à aller jusqu’au bout, de vouloir me faire mal. Le sommeil me rattrape également, je baille, mes paupières sont lourdes et je commence à avoir froid à ne pas être dans l’allure.

Au Km25, au ravitaillement de Montvert-les-Hauts, je me convaincs d’arrêter à Cilaos (Km70) où Lauren m’attend. Au Km28, la fatigue est trop forte, je dois m’arrêter, et sors la couverture de survie et entame une sieste de 30 minutes au bord du tracé.

Un coureur s'arrête à côté de moi et s'assoie également. On échange un regard, pas de mots, mais c'est très explicite : on ira pas au bout, on ira pas bien loin tout court. Je comprends que mes raisons n'étaient pas assez fortes pour pouvoir entrevoir d'être de nouveau finisher. Que les jambes ne suffisent pas, il faut avoir la tête pour finir un Ultra sur le niveau que j'ai.

J’hésite à faire demi-tour pour revenir au ravitaillement et arrêter de suite. Cela restera sans suite, car je veux aller jusqu’à Cilaos voir Lauren et profiter un peu de l'île. Et puis arrêter aussi rapidement serait un trop gros échec à supporter. A ce moment-là, je ne suis pas spécialement déçu d’abandonner, je suis même content d’arrêter.

SMS à 3h53 à Lauren : « J’arrêterais à Cilaos, je me sens bien, j’avance bien, je gère bien… Mais je n’ai pas envie, je ne veux pas… »
SMS à 6h58 à Nico : « Ca va bien. Physiquement c’est Ok, mentalement c’est le néant ! J’arrête à Cilaos »


Je continue donc tout doucement vers Piton Textor au Km40, qui représente la fin de la 1ère difficulté et après 8h51 de course je passe au sommet, à 2200m d’altitude. Je suis 1332ème, j’ai perdu 1000 places en 34 bornes… Je suis très très frais, autour de moi par contre, cette montée semble avoir bien entamé les autres raideurs. A présent, nous avons droit à 10 kilomètres de faux-plat descendant, je lance un peu la foulée car je réalise que je vais beaucoup de temps à rejoindre Cilaos et je veux vite en finir. Je me sens hyper bien. Dans le même temps, j’annonce mon envie d’arrêter par SMS.

J’ai l’impression à ce moment-là, que je doute, de ne plus savoir si je veux vraiment arrêter. Pour être honnête j’attends un électro-choc, j’attends des mots pour me remobiliser, essayer de sortir de cette spirale négative et aller chercher du positif :
SMS à 9h04  de Fred : « On n’abandonne pas à une Diag’, c’est un privilège  de faire cette course donc change ton mental en mode je vais chercher la médaille »
SMS à 9h06 de Nico : « Our greatest weakness lies in giving up. The most certain way to succeed is always to try just one more time – Thomas Edison”

-          La Révolte ? (Km 40 à 67,5)

Je passe Mare-Boue rapidement, et pour la première fois depuis le début de la course, je gagne des places. Je dois à présent attaquer la montée du Kerveguen, je monte à une petite allure, très facile, mais malgré cela je double beaucoup de monde. Ca devient très très dur pour beaucoup de monde. Après une longue montée interminable et une fin de sommet avec un soleil de plomb, j’attaque la descente technique vers Mare-A-Joseph  :  1200m de D- en 2 kilomètres, du lourd qui attaque bien les genoux !


La descente avalée, je me dirige vers Cilaos et rejoins Lauren où j'arrive en 961ème position. Le fait de me sentir bien, de sentir les autres en difficulté, les différents SMS, les kilomètres parcourus commencent à me faire hésiter sur ma décision.
Lauren m’indique que je vais regretter d’abandonner, que ça ne me ressemble pas et que je vais y arriver si je me donnais la peine de vouloir réussir.

SMS de Jérôme à 14h12 : « Eh oui tu gagnes des places, tu es magique, tu es à Cilaos. Il craque autour de toi »
SMS de Martin à 14h11 : « Je viens d’avoir Matt Pokora au telephone, il a menacé d’arrêter la musique si tu ne termines pas cette course »

Cilaos est un gros ravitaillement, j’en profite pour me doucher, vérifier l’état de mes pieds, de me changer, de manger et de parler avec Lauren. Mon téléphone vibre... souvent... Beaucoup de SMS, beaucoup de monde me suit depuis la France. Cela me donne une force incroyable mais me fragilise paradoxalement : ce sentiment de décevoir les gens si j'abandonne.

Je décide de faire une sieste de 20 minutes. Je me blottis contre Lauren, pour me cacher, j'ai des larmes au bord des yeux, je ne veux pas les montrer à Lauren. Je ne sais pas quoi faire : arracher mon dossard et vite aller le donner à un bénévole pour que tout soit fini ou repartir dans la bataille. Cela me fait peur, j'ai des doutes, j'appréhende beaucoup la future 2ème nuit sur le tracé. Je mets mes écouteurs dans les oreilles et sélectionne "L'Arena" d'Ennio Morricone que je vais en boucle durant ces 20 minutes.

Flashback Diagonale 2011 : J'arrive à Hellbourg au Km70, mes pieds sont dans un état pitoyable après la forêt de Bélouve, il pleut, j'ai froid, c'est dur, c'est trop dur. Je décide d'arrêter. Un SMS à ma soeur pour lui indiquer ma décision, une réponse dans la foulée : interdiction d'abandonner, je dois aller au bout si j'ai pas de problèmes de santé grave. Aller au bout pour ramener un t-shirt de La Redoute à ma petite nièce. Je repars et attaque la montée du Cap Anglais, je mets mes écouteurs et règle le MP3 en boucle sur "L'Arena". 43h plus tard et après 59h41 je finissais la Diagonale...

Il est 15h20, je refais mon sac. Lauren a compris que je repartais. J’ai un léger doute sur le Taïbit, l’an dernier beaucoup de monde se sont lancés dans la montée avant d’arrêter et faire demi-tour pour revenir à Cilaos. Car après le Taibit, c’est Mafate et impossible d’abandonner dans ce cirque puisque les deux seuls moyens d’y accéder sont à pied et en hélicoptère. Je sais que si j’atteins  le Col, je finirais. Je repars avec beaucoup d'énergie positive liée au soutien de Lauren et des dizaines de SMS. J'ai ma raison à présent : le finir pour moi biensur mais aussi pour toutes les personnes qui me suivent.

-          Un nouveau départ (Km 67,5 à 110)

J’avance, souple sur mes appuis, je me répète sans cesse « ne force pas, ne force pas ». A 18h et après une montée sèche de 1300 de D+, j’atteins le sommet puis redescends sur Marla. La nuit commence à tomber et j’arrive à Marla dans l’obscurité totale et dans un fort brouillard. Je suis à présent 865ème et continue à grapiller des places. J’ai prévu de m’arrêter 1h30 là-bas pour manger et dormir. De plus, j’ai mal au crâne et au ventre.

Marla n’est finalement pas très accueillant et des dizaines de runners sont allongés sur le sol, dans leurs couvertures de survie. Un vrai cimetière ! Il fait trop froid pour rester là à dormir. Je mange et bois un Doliprane et me relance dans l’effort et la montée au Col des Bœufs. Je viens de passer le Km 77,5, il en reste 86 !

SMS de Vanessa à 19h58 : Tu ne vas pas avoir peur de la nuit… Un grand comme toi. Mélissa me demande pourquoi tu as peur ? Il y a des loups ? J Allez courage, visse bien ta frontale et en avant. Tu es bien remontée au classement. Nice » en réponse à mon SMS « Merci Soeurette, la nuit est tombée et elle me fait peur »
SMS de Jérôme à 20h14 : « Vas-y ! Perf de ouf, tu gagnes des places encore et encore ! »
SMS (et Jeu de mot digne de lui) de John à 20h42 : « Allez Bibien, on s’marlà !!! »

J’accélère un peu le pas dans la montée pour me maintenir éveiller et cette partie du parcours est une des rares de roulante, cela me permet d’allonger le pas et de doubler beaucoup de monde. Dans la tête c’est assez euphorique. J’essaye malgré tout, d’être toujours en dessous de ce que je peux faire pour pas me cramer. Et j’arrive assez rapidement à l’Ilet à Bourse puis Grand Place. Il fait toujours trop froid pour s’arrêter dormir. Et mon allure me maintient bien éveillé. Dernière chose, si je ne m’arrête pas, cela me permettra de faire une grande partie du Maïdo de nuit sans avoir à supporter la chaleur du jour. Je repars en 626ème place.

SMS à 23h20 de ma Maman « … » (Message vide) puis « Coucou mon Chéri » Je fonds en larme (C’est le 1er SMS qu’elle envoie de toute sa vie et j’imagine qu’elle essaye depuis 14h de comprendre comment ça fonctionne ces touches ! Elle est au top maintenant !)

Le Maïdo, c’est 1600m de D+, c’est la grosse dernière difficulté de la course d’un point de vue de montée sèche. La montée est longue, très longue, je force énormément sur les jambes car là il n’y a pas le choix mais je trouve ma montée intéressante. Il est 7h20, nous sommes Samedi 19 Octobre et après 32h20 de course, j’atteins le Maïdo avec une vue imprenable sur le Cirque de Mafate : Magique ! J’ai une nouvelle fois doublé beaucoup de monde dans l’ascension.


SMS d’Emilien à 7h29 : « Mec tu me fais rêver, tu leur casses le moral ! Dois y avoir des mecs couchés dans les fossés partout. T’as encore gagné une trentaine de places. Courage pour la descente »
SMS de Matt Dess à 10h03 : « Ouhaaa Vivien ! Tu l’as fait… Une Floyd Landis dans Joux-Plane. Une Marc Raquil façon Jason Lamy-Chapuis. Aller, tu vas pas faire une troisième nuit, c’est parfait. Tiens bon c’est un truc de malade ce que tu fais »



-          Le temps des souffrances (Km 110 à 163,5)

Je suis donc au Km110.5, je suis épuisé et à présent je sais que je rentre dans le dur après ce gros effort, les descentes vont faire mal aux genoux, les bosses vont piquer les cuisses et je ne pourrais pas relancer aussi facilement sur le plat. Mais au Maïdo, je viens de passer en 496ème position et je me fixe un challenge de rester sous cette barre des 500 et d’arriver en moins de 48h à Saint-Denis afin de maintenir une allure et ne pas sombrer. Je me découvre encore des raisons pour en finir, même si je sais à présent que je serais finisher sauf blessure.

Jusqu’au Km130 et Halte-là avec son gros ravitaillement c’est assez roulant et j’arrive à conserver une moyenne de 5km/h. Là-bas, je prends une douche et me change, marque un temps d’arrêt pour manger un bon gros repas et se relancer dans les 33 derniers kilomètres qui promette d’être très dur, puisque ce sont des vraies montagnes russes très cassantes.

SMS de Seb G à 12h22 : « Mais tu es en train de faire un temps de malade, allez mec lâche pas… La bonne mère te regarde »
SMS d’Andric à 14h56 : « On me dit dans l’oreillette que Vivien est en train de TOUT DECHIRER SA RACE ! C’est bon ça ! Lâche rien mon Viv’, tu es au top du hip-hop »

Le soleil tape fort et nous devons être proche des 32-33° et je souffre énormément de cela. La pause m'a finalement plus de mal que de bien, mes jambes se sont refroidies et je sens des courbatures. Je fais une quinzaine de kilomètres avec un autre trailer et nous nous motivons mutuellement afin de relancer et d’être le plus efficace. Les kilomètres commencent à défiler très lentement, et si j’arrive à conserver ma position dans les 500, je commence à douter de rentrer sous les 48h.

Je passe le Chemin des Anglais sans trop d’encombres, et me dirige vers la dernière difficulté et le Colorado et ces 800m de D+. La nuit tombe au cours de la montée et la fraicheur qui accompagne cela, me fait le plus grand bien. Je ne pensais pas que je pourrais être content de voir cette 3ème nuit arriver. J’arrive à forcer l’allure et fais une belle grimpette jusqu’au Colorado. Là-haut il me reste plus que 4,2kms de descente.

SMS de Nico C à 21h44 : « Profite-bien Mec. Derniers kilomètres d’une aventure hors norme. Ca a été un régal de te suivre sur ce parcours et de voir que tu as rien lâché jusqu’au bout. Bravo Mec. »

Facile sur le papier, ultra-difficile sur le terrain. J’avais oublié que c’était aussi dur, en 2011, je l’avais avalé sans souci, il faisait jour. Là c’est très très dur à descendre entre les racines, dans les ravines avec mes genoux qui grincent et de nuit donc. C’est très long et mes nerfs commencent à lâcher quelque peu. Je me reconcentre et après 1h30 de descente, je rejoins Saint-Denis et Lauren qui m’attend à l’entrée du stade.

Je relance pour finir sur une bonne note et je savoure ces derniers mètres. Nous sommes le Samedi 19 Octobre, il est 21h57. J’ai mis 46h57 pour boucler ces 163,5km et je fini 473ème. Double objectif réussi !

SMS de Martin à 22h19 : « Chazz Michael Michaels est fier de toi » Tout est dit…




-          La délivrance :

Dans un Ultra, les jambes et le physique ne suffisent pas. Sans mental ça devient très dur. Sans soutien, ça devient impossible. Il est certain que sans vos SMS (j’en ai reçu de 42 personnes différentes pour un total de 250 SMS…), je ne serais pas allé bien loin (Cilaos) !
Donc très sincèrement : Un énorme MERCI a Vous ! Vous avez été top de votre condition psychologique pour m’aider !
Voilà, j’arrête là, j’ai plage à présent J
Vivien

vendredi 6 juillet 2012

France : Trek Briançon-Chamonix

De retour en France, mais toujours (voir encore plus qu'avant...) la bougeotte pour découvrir ce qui m'entoure, je pars en Trek sur une partie du GTA (Grande Traversée des Alpes). Et là pas question de la jouer solo puisque Martin et Andric m'accompagne tout au long de ces 8 jours, à cela il faut ajouter Matt sur les 3 premières étapes.

Je ne vais pas faire le récit de ces 8 jours. Juste cela représente 150 kilomètres environs et 9000m de dénivelé positif. Ce qui ne représentait pas de grosses journées en terme de kilomètres et dénivelé, il fallait juste bien gérer la répétition quotidienne des efforts.

Et ce que je peux dire, c'est que j'ai vraiment vu de belles choses et que cela fait du bien de partager ces moments avec des amis. Voici une sélection de quelques photos :

















D'autres photos sont disponibles en cliquant sur le lien suivant :
https://picasaweb.google.com/113195877548871380454/FranceAlpes




A bientôt, j'ai encore deux projets de Trek et puis envie de repartir sur la fin de l'année, donc je vais continuer à alimenter ce blog.

lundi 18 juin 2012

Ultime Etape : Un petit coin de tranquilité

Et voilà, après 5 mois, après la Nouvelle-Calédonie, la Nouvelle-Zélande, Chili, Bolivie et le Pérou, voilà ma dernière étape.

Deux photos suffiront pour résumé :



Une aventure qui se fini, de la tristesse que tout s'arrête, de la joie de retrouver sa famille et ces amis.

samedi 16 juin 2012

Pérou : Machu Picchu & Chemin de l'Inca

Ceux qui me connaissent, savent l’importance de cette étape de mon voyage. Le Chemin de l’Inca c’est un petit Trek de 43 kilomètres dans la Vallée Sacrée des Incas en 4 jours. Et surtout celui-ci permet de m’emmener au petit matin du 4ème jour à la Porte du Soleil, entrée privilégiée du Machu Picchu…


Machu Picchu, rien que l’évocation de ce nom me fait pétiller les yeux ! Je ne sais pas pourquoi, mais depuis longtemps ce site me fascine, je ne connais pourtant pas beaucoup l’histoire des Incas et ce que représente cette cité perdue mais mettre mes pieds dans ce qui fait partie aujourd’hui des 7 nouvelles Merveilles du Monde est un rêve.

D’ailleurs ma venue en Amérique du Sud est uniquement due au fait que le Machu Picchu est sur ce continent, depuis je dois bien l’avouer, je suis tombé amoureux de ce continent…

 
Pour le moment mon voyage est grandiose et dépasse sincèrement mes espérances, mais pour que tout soit magnifique, il faut que ce Trek du Chemin de l’Inca et cette visite du Machu Picchu soit une réussite. Et le temps sur Cuzco avant mon départ pour le Trek est plutôt tristounet puisque le temps est gris et il pleut de temps en temps, une certaine nouveauté pour moi puisque c’est la première fois que je vois la pluie en 2 mois et demi sur ce continent ! D’ailleurs un groupe d’Anglais revenant de ce expédition se sont tapés 3 jours de pluie sur 4… Cela gâchant leur étape Machu Picchu…


Mais il était surement dit que les Dieux étaient avec moi, car je vais couper court à un quelconque suspense, j’ai eu 4 jours d’un soleil radieux ! Quoi de plus naturel quand je pars visiter le Chemin des Incas et le Machu Picchu car le Soleil, était et est encore, un réel Dieu pour les Incas et Péruviens. (Bon le groupe d’Anglais doit voir cela différemment !)



Durant ces 4 jours, tout fut excellent à commencer par le groupe avec qui j’étais. Nous étions 12 et bonne nouvelle, je suis le seul français ou francophone ! Je vais jouer cette partie de mon voyage avec une équipe internationale : 3 canadiennes, 1 américaine, 2 indiens, 2 argentins, 1 philippines et 2 suédoises et à cela il faut ajouter les 3 guides péruviens ! Excellent pour continuer à progresser en anglais et espagnol, d’ailleurs j’étais le seul à pouvoir parler les 2 langues… Et j’avoue être surpris par mes progrès ! 



Pour parler du Trek, cette randonnée n’est pas très difficile en soi puisqu’il s’agit de 43 kilomètres répartis en 4 jours, et le rythme est très lent. J’avoue même qu’il l’était trop pour moi, et dans les montées je partais souvent seul devant car sinon j’avais l’impression de reculer… Un peu individualiste sur le coup, mais j’assume ! Durant ces 4 jours, on traversera énormément de sites Incas, une occasion de se faire expliquer l’histoire Incas et la signification de ces bâtiments par nos guides.

Et l’histoire est riche, je vais la faire light ! Le site du Machu Picchu a été découvert simplement en 1911 par un américain répondant au doux nom d’Inra Bingham. Une légende existait sur une cité Incas perdue dans les montagnes mais jamais personne ne l’avait trouvé.  Suite à cette trouvaille, les recherches s’intensifièrent, mettant à jour le fameux Chemin de l’Inca et ces ruines. Les archéologues ont mis autant de temps à retrouver le site du Machu et Chemin de l’Inca car ceux-ci étaient abandonnés depuis 1532 et l’arrivée des conquistadors à Cuzco. Les Incas préférant fuir plus loin dans les montagnes. Les sites étaient donc recouverts de végétations, et aujourd’hui grâce aux travaux de restauration, ces sites peuvent être visités.



 
Concernant ma visite du Machu Picchu, j’ai passé 9 heures sur le site entre la partie d’en bas où se trouve le Machu Picchu, la montagne du Wayna Picchu où on a un magnifique panorama sur la vallée et le site Inca et enfin le Temple de la Lune qui se trouve en contrebas du Machu Picchu et qui se voit que si on se coltine une petite randonnée assez sportive. En un mot : Magique ! J’avais durant toute la journée le sourire accroché aux oreilles. Un rêve qui se réalise, une de ces 100 choses que je veux faire avant de mourir que je peux cocher… Car oui j’ai une liste !




Voilà pour ces 4 jours, c’est difficile de retranscrire ce que j’ai pu voir, car le Machu Picchu c’est avant tout, l’histoire et la façon dont ont été conçus les bâtiments pour l’époque qui fascine. Et seule une visite peut permettre de retranscrire cela. Bref, je vous conseille vivement d’aller au Pérou voir cela.


 
J’avais de grosses attentes pour cette étape, et j’avoue qu’elles furent totalement comblées ! Petit pincement au cœur également, car cela marque la fin de mon voyage en Amérique du Sud, puisque je suis actuellement à Lima où je prends mon avant-dernier avion ce dimanche 17 Juin au petit matin. Et la grande question qui taraude tout le monde est : Mais il va où encore ce con-là ?! Allez à bientôt, je débarque le 22 Juin sur Grenoble.

jeudi 14 juin 2012

Pérou : Vallée Sacrée des Incas


Bon j’avoue tout d’abord que j’écris cet article pour la seconde fois, non pas que j’ai oublié de sauvegarder la première version, seulement qu’après relecture je me suis rendu compte de l’ennui de celui-ci… C’est comme si vous étiez en train de lire un Routard ou un Lonely Planet ! Non je vais la refaire en plus léger, enfin je vais essayer !

Alors la Vallée Sacrée des Incas, c’est un peu mon tour de chauffe avant d’aller arpenter le Chemin de l’Inca pour aller voir le Machu Picchu. C’est une vallée immense avec pleins de trucs à faire, globalement tout est à moins de 1h30 de bus de Cuzco.

Première expédition, la visite des 4 sites qui sont à proximité de Cuzco, 8 kilomètres pour le plus lointain. Ces sites sont :
-             - Tambomachay : C’est un Temple de l’Eau, enfin imaginez pas un truc avec plein de fontaines, des cascades et autres choses dans le genre. C’est un robinet d’eau ouvert en continu, mais un robinet dans des ruines Incas, donc c’est sympa à voir.


-            -  Puca-Pucara : Fortification servant à protéger les sites Incas et la ville de Cuzco. Sympa pour faire la sieste car pas beaucoup de monde. J’étais bien après, j’irais même jusqu’à tenter un jeu de mot en disant que j’en suis ressorti « fortifié »… (Vous avez le droit de fermer la page après cela…)



-                -  Qen’Qo ou Kenko : Vous prenez un gros caillou, mais vraiment énorme, vous le posez dans un champ puis vous percez un trou dedans pour faire un passage en plein milieu et un autre pour ressortir à un autre endroit afin de limiter les bouchons dans les tunnels. Vous ajoutez d’autres grosses pierres à côtés pour faire des sièges et créer un amphithéâtre et enfin une pierre plate de 1m50 sur 1m pour faire un autel de sacrifice et vous avez Kenko. Bref j’ai passé rapidement ce site car faire la sieste sur une pierre, ça fait mal au dos.


-         - Sacsuahayman : Alors tout d’abord, le nom du site n’est pas facile à prononcer. D’ailleurs sur mes premières tentatives, les péruviens se sont foutus de ma gueule… Puis finalement tu te rends compte que si, car phonétiquement ça se rapproche énormément de « Sexy Woman ». Je vous laisse essayer. Cette technique de prononciation n’est pas de moi et je l’ai appris au comptoir d’un bar.
Plus sérieusement, ce site vaut vraiment le détour, tant par son immensité que la qualité de son architecture. Ils se sont vraiment donner la vie difficile avec la taille des pierres servant à la construction du site, mais le tout donne vraiment quelque chose de remarquable. Ce site servait de lieu de culte car il dispose de son Temple de Soleil. Aujourd’hui c’est ici qu’est fêté l’Inti Raymi, tous les 24 Juin, c’est la fête du Soleil, une date importante pour tous les péruviens, et une fête immense selon les dires. Ps : J’ai bien cherché la Sexy Woman pendant 2h30, elle n’était pas là le jour où je suis passé…




Deuxième expédition, avec les sites de Pisac et d’Ollantaytambo. Ce sont juste deux sites immenses et magnifique d’un point de vue architectural. Là, avec Sacsuahayman, on rentre vraiment dans les sites Incas d’importances. Et je vais redevenir sérieux !

A Pisac, je découvre leur façon de cultiver : en terrasse. C’est-à-dire qu’il creuse à flanc de montagne pour créer des terrasses les unes au-dessus des autres afin d’avoir plusieurs niveaux d’altitude et d’adapter leur agriculture en fonction de ce les Incas voulaient planter. C’est juste époustouflant pour l’œil. Afin d’expliciter, je vous laisse en juger par vous-même :




A Ollantaytambo, on retrouve aussi des terrasses, mais celles-ci ne sont pas consacrées à l’agriculture mais à la contention de la Montagne, puisqu’en haut de celle-ci on retrouve un Temple du Soleil. Il faut savoir que le Soleil était le Dieu des Incas, et qu’il y avait, et a encore d’ailleurs, un réel culte de celui-ci.




Enfin ultime excursion avec la visite de Moray et des Salinas. Moray fut un site d’expérimentation pour les Incas pour leur agriculture. Ce site est juste constitué de terrasses où les Incas ont testés comment pouvait pousser les différents fruits et légumes aux différentes altitudes afin de pouvoir dupliquer cela sur le reste des terrasses de la Vallée Sacrée et donc d’optimiser leur agriculture. Ils n’avaient vraiment pas oubliés d’être intelligents !




Pour conclure les Salinas de Maras, ici pas d’architecture, pas de pierres, pas de visites de ruines donc. Mais c’est peut-être le site qui m’a le plus marqué visuellement avec ces 4000 bassins et son système d’irrigation. Planté en milieu de la montagne, ce site servait à cultiver le sel. Je trouve cela juste époustouflant visuellement et techniquement !




Prochain épisode : Chemin de l’Inca et Machu Picchu J