dimanche 3 juin 2012

Pérou : Les Lignes de Nazca


Après Arequipa, direction Nazca pour voir ces célèbres « Lignes ». Ce stop fut le plus rapide de mon voyage puisqu’après les 9 heures de trajet pour faire Arequipa-Nazca, qui m’ont fait arriver à 4h du matin, je ne suis resté qu’une journée là-bas. Repartant le soir-même à 21h pour 14h de bus direction Cuzco.

Donc arrivé à 4h du matin à Nazca, après une sieste dans un petit parc durant 4h tel un Roumain (Je tiens à m’excuser auprès de tous mes amis Roumains pour cette blague à la limite du racisme, mais après avoir partagé 1 an de ma vie avec eux sur l’Avenue du Grand Sablon, je peux me permettre !) et deux cafés bien serrés, je me lance à la recherche d’un bolide ! Après avoir expérimenté les gros avions lors de mes transferts entre continents, les voitures lors de mes locations en Nouvelle-Calédonie et Nouvelle-Zélande, le vélo à San Pedro de Atacama et bien évidemment mes Mizuno Wave Cabrakan lors de mes randonnées, me voilà à la recherche d’un petit CESNA pour voir les Lignes de Nazca depuis le ciel. Il est en effet possible d’observer les Lignes depuis la Terre et c’est gratuit mais on ne voit pas grand-chose d’après les témoignages, pour ma part si je suis venu à Nazca c’est pour faire le truc à fond !



Après une heure de recherche, et déjouant quelques arnaques dans la rue et dans certaines pseudos-agences, je trouve mon bonheur à l’agence Aeroparacas pour la somme de 60€, là où d’autres me proposer le tour à 100€. Je pense que le Vivien de début de voyage se serait fait arnaquer… Mais maintenant je suis rodé !

Mais en fait je papote beaucoup depuis le début de cet article et dans tout cela, toujours pas d’explications sur ces fameuses Lignes de Nazca, c’est quoi ce truc ? Et bien ce sont des figures qui ont été dessinés entre 400 et 650 après J-C dans le désert Nazca. Les plus célèbres de ces figures sont des représentations d’animaux, mais ils existent beaucoup de formes géométriques. Aujourd’hui encore, les chercheurs ne connaissent pas la signification de ces « Lignes », pour certains cela représente un calendrier astrologique, pour d’autres un repère pour l’irrigation de l’eau et enfin, pour les plus déglingués du cerveau, une marque d’origine extraterrestre…

 Là vous devez voir une Baleine (Si vous cliquez sur la photo, vous verrez mieux !)

Ces lignes découvertes en 1926 doivent une fière chandelle à une Allemande, Maria Reiche, qui a passée toute la fin de sa vie (soit 50 ans) à l’étude archéologique et à la préservation du site. Ainsi, les touristes et les locaux, la voyaient régulièrement prendre son Combi Volkswagen pour aller sur les sites et balayer les lignes afin de les rendre visible pour mieux pouvoir les étudier depuis le ciel. Prise pour une folle au départ, elle est devenue rapidement une icône de ces lignes. Aujourd’hui décédée, le musée de Nazca retraçant l’histoire de ces lignes porte son nom.



 Ici c'est le célèbre Singe (Si vous cliquez sur la photo, vous verrez mieux ! En plus c'est gratuit !)

Concernant ma visite en avion des lignes, elle durera 35 minutes et je dois avouer que ce fut largement suffisant car si le spectacle vu du ciel fut très intéressant pour découvrir ces lignes, les virages du petit CESNA afin de voir au plus près et au mieux les lignes m’ont rapidement fait mal à la tête. C’est sûr à présent, quand je serais grand, je ne serais pas pilote d’avion !

 Et enfin l'Araignée (Si vous cliquez sur la photo, vous verrez mieux ! C'est encore et toujours gratuit, après vous toujours m'envoyer un virement sur mon compte Caisse d'Epargne, si vous le souhaitez !)

Et vu que mon appareil photo à cette distance et avec les vibrations du CESNA, ne rend pas honneur à ce que j'ai pu voir, voici deux images qui vous permettront de bien distinguer ce que j'ai pu observer depuis le ciel :



Maintenant, direction Cuzco et la découverte des ruines Incas au prochain épisode !

Pérou : Arequipa


Arequipa, deuxième ville Péruvienne que je traverse après Puno. Et très clairement, elle remonte le niveau par rapport à Puno ! Je dirais même que c’est la plus belle ville que j’ai traversé depuis le début de mon voyage. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que son centre-ville et son architecture, lui vaut d’être inscrit au patrimoine de l’UNESCO.



Arequipa est la deuxième plus grande ville du Pérou avec ces 880 000 habitants. C’est aussi pour moi, un second souffle… puisqu’après avoir été à 4000m d’altitude durant plus d’un mois, je redescends à une altitude raisonnable puisque la ville se situe à « seulement » 2335m d’altitude. Je peux donc affronter de nouveau les montées en marchant rapidement sans avoir le souffle court ! 




Je vais passer 4 jours à Arequipa à profiter de cette architecture hérité de nos voisins espagnols puisque le pays a été colonisé durant le 16ème siècle par les conquistadors espagnols. La ville est entourée de la Cordillère des Andes et le Volcan Misti surplombe la cité avec ces 5825m d’altitude.



Les raisons de ma visite ici sont multiples : Arequipa est le point de départ pour aller au Canyon de Colca (un article est consacré à cette expédition), voir le centre-ville qui est donc labellisé UNESCO et enfin visiter le Monastère de Santa Catalina.

Ce Monastère est le plus grand couvent au Monde et sa visite fut intéressante puisque Santa Catalina est une ville dans la ville avec ces 6 rues (tous nommés par une ville d’Espagne, héritage oblige), ces parcs et ces différentes places. Le couvent a été ouvert en 1579 et jusqu’en 1970, les religieuses qui entraient au couvent n’avaient aucun contact avec l’extérieur. Elles faisaient également le vœu de silence. En 1970, le Monastère fut ouvert au public, cependant durant les heures de visite, il est impossible de croiser une des religieuses puisqu’elles s’enferment dans un endroit interdit du public. Enfin en 1985 lors du passage du Pape Jean-Paul II, leurs conditions changèrent puisque le Pape leur autorisera le droit de parole. Au-delà de cette histoire, le Monastère Santa Catalina, c'est une architecture incroyable et un lieu où il est possible de voir diverses œuvres d'arts.






Plus personnellement, Arequipa ce fut également ma rencontre avec les meilleurs burgers de mon voyage avec un rapport qualité-prix imbattable (50 centimes d’€uros). Voilà sinon c’est tout :-)

Prochain épisode : Je parlerais encore d'UNESCO avec les Lignes de Nazca.

vendredi 1 juin 2012

Pérou : Canyon de Colca


Après une journée passée à Arequipa, direction le Canyon de Colca. Ce Canyon a longtemps été considéré comme le plus profond du Monde avec une profondeur maximale de 3400m. Mais depuis peu, il est considéré que c’est un Canyon voisin, le Cotahuasi le plus profond avec sa marque de 3535m.



Il est possible, et d’ailleurs beaucoup de monde choisit cette formule, de faire le tour du Canyon de Colca via une agence depuis Arequipa. Pour ma part, je préfère me débrouiller seul puisqu’on peut manger et trouver de quoi boire facilement sur les différents villages du Canyon. Autre point positif de se débrouiller seul, on peut choisir son parcours et donc éviter les groupes de 7-8 touristes en file indienne. Je serais accompagné par deux guests sur cette étape : Blandine (rencontrée à La Réunion et ex-coloc du Sieur Kiki) et Audrey son acolyte de voyage.



Cette randonnée fut superbe avec des paysages vertigineux ! Le choix s’est porté sur une boucle dans le Canyon de Colca au départ de Cabanaconde, avec pour débuter une grosse descente dans le Canyon de plus de 1000m de dénivelée et une remontée jusqu’à Tapay afin de déjeuner. Ce village est complètement délaissé par les tours en agence, je ne verrais donc aucun touriste. Après un très bon déjeuner d’une spécialité du coin, reprise de la randonnée pour aller jusqu’à Sangalle, lieu choisi pour passer la nuit en passant par les villages de Cosnirhua et de Malata.




Sangalle est un Oasis perdu au fond du Canyon. Ce n’est pas un village, puisqu’on trouve ici que des hôtels pour passer la nuit et des piscines afin de se ressourcer. Selon les propriétaires l’eau est « caliente », elle sera seulement tiède mais c’est quand même suffisant pour se relaxer. Le soir venu, le ciel sans nuage et le fait qu’il n’y ai pas de nuisance visuelle (pas « d’électricité » à Sangalle), nous offrira une magnifique nuit étoilée. Un moment simple, très simple mais qui restera un très bon moment du voyage.




Le lendemain, debout à 7h pour la remontée du Canyon, au programme 1000m de dénivelée positif. Cette portion sera avalée en 2h à un très bon rythme. Cette grimpette me fait réfléchir à la Diagonale des Fous que je retournerais faire en Octobre, et disons-le, je me sens pas du tout prêt à aller retourner me faire mal sur ce genre de pentes durant 60h. L’an dernier à la même époque, je finissais la Maxi-Race d’Annecy avec le plein de confiance, cette année ma préparation n’a toujours pas commençait… Bref, je verrais bien en temps voulu où j’en suis pour cette course. Pour le moment, ma seule préoccupation est de profiter de la fin de mon voyage !




Suite à cette grimpette, retour à Cabanaconde puis bus pour Arequipa. Fin de l’histoire.

mercredi 30 mai 2012

Pérou : Puno & Las Islas


Et voilà le 22 Mai à 9h03, j’entre au Pérou, dernière destination pour moi en Amérique du Sud. Cette date marque également le début d’un compte à rebours mental, puisque dans 1 mois jour pour jour je finirais mon trip et j’arriverais sur Grenoble. Pfff déjà quatre mois que je suis parti, pfff il reste déjà plus qu’un mois… Euh je ne serais pas en train de voir le verre à moitié vide là… ? Allez je passe à la version du verre à moitié plein : Cool !! Encore un mois à profiter de mon voyage !

Bref je m’égare et je ne parle pas beaucoup de Puno et de Las Islas. Et d’ailleurs je ne vais pas parler du tout de Puno, pourquoi ? Car cette ville est sans intérêt, si ce n’est qu’elle se situe au bord du Lac Titicaca. Et oui après l’épisode Bolivien du Lac Titicaca à Copacabana et sur l’Isla del Sol,  c’est à présent au tour de l’épisode Péruvien du Lac Titicaca. Ici ce n’est pas une île que je vais visiter mais trois îles. Par contre cela va être rapide puisque je consacre que 2 jours à ces 3 Islas car le timing Péruvien est serré (Et oui la majestueuse Bolivie m’aura quelque peu retardé tellement elle fut belle !).



(Je préfère le dire tout de suite, cet article ne parlera pas que de manière positive de ces 2 jours, je pense que c’est une première sur mon blog et j’espère que cela sera une dernière. J’insiste sur le fait que ce n’est pas un coup de gueule ou un article de plainte. Je vais juste parler de ce que j’ai vu et de ce que j’ai ressenti. Cela n’est que ma propre opinion… Et au global je n’ai pas passé un mauvais moment)

Le premier jour direction les Îles Uros, également connu sous le nom des Îles Flottantes, car ce sont des îles artificielles. Alors là pas question d’îles artificielles comme à Dubaï, ce sont des îles toutes simples montés sur des morceaux de terres flottantes recouverts de roseaux. En tout ce sont 45 îles entre 10 et 200m² où l’on retrouve quelques 2000 habitants. Ces Îles Flottantes ont la particularité d’avoir pas mal migrés sur le Lac Titicaca et depuis quelques années sont basées à proximité de Puno, à environ 30 minutes en bateaux. Pourquoi ? Pour pouvoir attirer facilement les touristes… Et oui car ces îles flottantes sont de vraies usines à touristes et vivent pas mal de la vente de l’artisanat lors du passage des touristes comme moi. Passé cet aspect, c’est quand même intéressant de voir ces îles atypiques. Après 2h sur les îles, direction le bateau et l’Isla Amantani.




L’Isla Amantani est une vraie île (pas flottante comme les Uros quoi !), qui est assez grande (pas de mesure officielle, j’avais oublié mon mètre dans mon gros sac à dos resté à Puno…) et héberge 4800 habitants (j’avais par contre pensé à prendre mon « cliker » afin de faire un récensement…). C’est sur cette île que je passerais la nuit, recueilli au port par une famille péruvienne qui m’offrira un lit et trois repas. La grosse occupation sur cette île est la visite de Pachamama et de Pachatata, deux ruines au sommet de l’île où je verrais se coucher le soleil. L’accueil en famille est très chaleureux et c’est sympa de partager ce bout de vie avec les habitants de l’île, qui en fait se relaient pour accueillir les touristes dans leurs maisons afin que sur une année tous les habitants aient pu héberger le même nombre de personnes. Généralement, ils accueillent une fois tous les deux mois et nous leurs payons la somme de 30 soles (moins de 10€) pour le logement et les trois repas. En bref, ils ne vivent pas de nous, contrairement à ce que je pouvais penser avant de me rendre sur l’île croyant qu’ils hébergeaient des touristes toutes les semaines.





Le lendemain, réveil à 6h30 pour prendre le bateau à 7h30 et se rendre à l’Isla Taquile, la dernière île du périple. Là comment dire, je n’ai pas du tout aimé. Autant sur les autres îles on sait qu’ils vivent de nos passages mais on n’a pas forcément d’obligation de consommer, autant là on nous forcent à acheter. Je m’explique, selon eux, le textile de l’île est le meilleur, est reconnu partout dans le Monde (ah bon, jamais entendu parler avant aujourd’hui…) et bien évidemment les prix sont trois fois plus cher qu’ailleurs pour une qualité que je juge comparable. Bref je n’achète rien bien évidemment au contraire de beaucoup de monde. Deuxième point, on nous propose la visite d’une famille où en fait où nous explique juste la fabrication du textile et les particularités des vêtements sur l’île et à la fin le repas à 20 soles (une belle somme pour le Pérou) pour un menu, pour eux c’est quasiment une obligation d’aller se rationner là car oui la fameuse famille typique de l’île est en réalité un restaurant. Avec deux belges on refuse ce repas jugeant le prix excessif, on s’en ira donc ailleurs pour manger et après 20 mètres, on va nous proposer le même repas avec un thé en plus pour 10 soles… Voilà j’en dirais pas plus et vous vous ferez votre propre opinion.




Suite au repas, retour à Puno.

Voilà pour ces trois îles, le verdict est que j’ai préféré la partie Bolivienne où il y a moins de touristes. Je ne pousserais pas de coup de gueule contre ce que j’ai vu sur ces trois îles, puisque j’ai eu la possibilité de refuser ce que l’on me proposait, mais je suis déçu de cette façon de vouloir se faire absolument de l’argent sur notre dos. Même si bien évidemment, j’étais prévenu qu’en tant que tour touristique, on se ferait de l’argent et je cautionne cela dans la limite du raisonnable. Pour ma part j’ai préféré donner 10 soles de plus à la famille qui m’a accueilli sur l’Isla Amantani, car l’accueil été au top que consommait ailleurs. Je recommande cependant la visite de ces trois îles car il y a des choses à voir...

lundi 21 mai 2012

Bolivie : Copacabana & Isla del Sol


Et me voilà à Copacabana… Non non je ne vous ai pas cachés une envie subite d’aller faire la fiesta sur la célèbre plage brésilienne ! Copacabana est une ville de 25 000 habitants bordant le Lac Titicaca, donc bien en Bolivie. Mais le nom de cette ville a bien un lien avec la plage brésilienne puisque c’est suite à un naufrage d’un marin bolivien au large du Brésil et d’une promesse du dit-marin à la Vierge de Copacabana (Brésil) que cette ville fut baptisée comme la plage brésilienne. Voilà pour la partie historique (Vous allez devenir imbattable au Trivial Pursuit avec mon blog et toutes ces références historiques et culturelles !).



Comme je vous le disais Copacabana borde le Lac Titicaca. Ce lac est une référence puisque c’est le lac navigable le plus haut du Monde, il est situé entre 3809 et 3812m d’altitude. (Un point de plus au Trivial Pursuit ! J’espère que cela sera le camembert qui vous fera gagner la partie !) Le Lac est partagé entre la Bolivie et le Pérou et long de 175 kilomètres.



Copacabana est très touristique et c’est un vrai défilé de touristes en sac à dos. Cela dit je trouve cette ville charmante car on peut rapidement aller s’isoler en grimpant le El Calvario (Afin de vous prouver mes progrès en espagnol cela veut dire Le Calvaire), une petite butte surplombant la ville et le Lac qui permet d’avoir un superbe panorama et surtout de se faire un beau coucher de soleil.


Mais le but de ma venue à Copacabana est d’aller sur l’Isla del Sol (l’île du Soleil… Impressionnant mon niveau d’espagnol !), une petite île sur le Lac Titicaca, à 3h de bateau de Copacabana.

J’achète mon ticket et direction Yumani, petit village sur l’Isla del Sol… Sauf que j’oublie de mentionner lors de l’achat de mon ticket que je désire aller au Sud, résultat : je me retrouve au nord de l’île et à Challa Pampa… Et cette erreur, fut une belle erreur ! Ce petit village est fort sympathique, se trouve juste à côté des ruines de Chinkana et surtout c’est la fête au village car c’est l’Ascension ! C’est une petite fête mais c’est sympa, surtout la Fanfare qui anime les festivités… Pour faire simple, il joue de musique, ce qui n’est déjà pas évident à 3810m d’altitude car l’air est rare, mais surtout il joue complètement bourré, ce qui rend la chose plus festive. D’ailleurs, l’instrument que la Fanfare joue le mieux est la canette de bière !

Le lendemain, traversée de l’île du Nord au Sud, par un petit chemin de randonnée permettant d’avoir quelques beaux panoramas sur l’île et le Lac, jusqu’à Yumani. Une fois là-bas, je me rends compte de la chance que j’ai de m’être planté sur l’achat de mon ticket car même si nous sommes dimanche, la ville est complètement morte !




Sur le retour, petite pause sieste dans une petite crique, l’île est parfaite pour cela car même si elle vit du tourisme, elle est suffisamment étendu pour être tranquille.



Le jour suivant, retour sur Copacabana en bateau. Cette traversée marque la fin de mon périple en Bolivie. C’était un pays que je n’avais pas prévu lors de mon départ en Janvier de France, que j’ai ajouté suite à de multiples discussions. Lors de ma rentrée, je devais y rester qu’une dizaine de jours, finalement ce fut très exactement 26 jours. Ce pays est magnifique sous tous les plans, je ne vois pas de point négatif si ce n’est malheureusement la pauvreté qui y règne… Un pays que j’aurais traversé en étant quasiment tout le temps accompagné, tant il y a de routards présents. Bref je recommande !

A présent, direction le Pérou, j’ai 25 jours à passer là-bas ! Et surtout beaucoup d’attentes…

Bolivie : La Paz


La Paz, petite bourgade bolivienne de 2 400 000 habitants. Pour beaucoup de monde, elle est la capitale de la Bolivie, mais si vous avez lu assidument mon blog et l’article sur Sucre vous savez que c’est cette dernière la capitale. La Paz a juste la particularité d’accueillir le gouvernement du pays, sans doute car c’est la plus grande ville du pays.

La Paz c’est assez fou car elle est établi à flanc de montagne entre 3200m d’altitude pour le plus bas quartier (là où sont les riches, car l’air est plus respirable) et 4000m pour le quartier le plus haut appelé tout simplement El Alto. C’est le quartier populaire de La Paz et aussi (cela va souvent de pair) le plus dangereux…



Concernant mon périple, je crois bien que tout le monde m’a déconseillé cette ville, ou du moins d’y passer le moins de temps possible. Je devais y rester 5 jours, ce laps de temps comprenant la journée sur la Death Road et les 3 jours au Huayna Potosi. Finalement, je serais resté là-bas 11 jours ! Soit mon plus gros arrêt de tout mon voyage !

Suis-je tombé amoureux de La Paz ? Non ce n’est pas le terme ! Mais on m’avait annoncé une ville dangereuse, sans intérêt, … Je ne suis vraiment pas d’accord, je n’ai pas du tout ressenti de danger quand à ma sécurité !

Un point également qui a joué en ma faveur, ce fut les multiples grèves qui frappent le pays. Il y en a eu deux pendant mon séjour. La première étant celle des chauffeurs de bus de la ville qui ont tout simplement barrés toute la ville avec leurs bus, ayant pour résultat aucune circulation dans la ville. Ce fut très sympa de pouvoir se promener sur la route, sans pollution, sans voitures, sans rien… Ce fut paisible durant 3 jours et j’ai découvert la ville de cette façon. La deuxième grève fut celle des étudiants en médecine, rejoint par pas mal d’autres d’étudiants. Et j’ai étais pris sans le vouloir (Promis juré ! Je ne suis pas en Bolivie pour être le nouveau Che !) dans une de celle-ci et ce fut impressionnant car les Carabineros (policiers) ont dû chargés les étudiants qui étaient en train tout simplement de tout casser sur leurs passages (vitrines, feux, équipements urbains, …). Résultat : Gros mouvement de foule et surtout les yeux qui piquent car les Carabineros ont dissipés tout ce petit monde à coup de gaz lacrymogène.



Autre chose que j’ai adoré, ce fut mes repas, non pas que ce fut les plus exquis que j’ai eu à manger de tout mon voyage, mais pour l’ambiance qu’il y régnait. Je mangeais midi et soir au Mercado Lanza ma petite soupe et/ou mon plat de riz/poisson ou de poulet milanais pour l’énorme somme de 8 bolivianos soit 0,8€ centimes d’euros. Et je choisissais toujours le kiosque de la Dona Vicky, car là-bas je parlais (enfin je baragouinais) avec les boliviens. Et oui car le marché reste, je trouve, assez typique de la Bolivie, les touristes préférant certainement les restaurants de la ville. Au-delà de l’économie de manger au marché, j’ai adoré la sympathie de la patronne, la Dona Vicky, qui au bout du deuxième jour me faisait la bise quand j’arrivais et quand je repartais. Je lui offrirais d’ailleurs un petit bouquet de fleur lors de mon dernier repas ! Ça restera un des très bons souvenirs de mon voyage.



Autre atout de la ville, ces multiples musées qui permettent de comprendre un peu l’histoire du pays. Ce ne sont pas les meilleures que j’ai pu voir, mais ce fut intéressant et surtout peu onéreux (40 centimes d’euros par exemple la visite de 4 petits musées… Qui dit mieux ?). Enfin deux places sympas qui sont le Mirador Kili Kili (Vue sur toute la ville) et le Parc à l’Est du pays (Je ne sais plus le nom), qui permettent de sortir des rues bruyantes, de se poser et de bouquiner (J’ai pu trouver des livres français dans mon hostal !).




Dernier point qui a fait que je suis resté aussi longtemps sur La Paz, ce fut cette Turista (Encore elle ! Mais bordel je fais que d’en parler… Ben oui elle m’a marquée !) qui m’a immobilisé quasiment 3 jours à mon hôtel, j’ai dû attendre d’être parfaitement guéri afin d’aller faire le Huayna Potosi. 

Voilà pour La Paz, je recommande d’y passer, d’y rester 2-3 jours et pour les amoureux de montagne, beaucoup d’ascensions peuvent se faire depuis cette ville (Nevado Illimani, Huayna Potosi, Illampu,…), donc passage incontournable !

mardi 15 mai 2012

Bolivie : Huayna Potosi


Après la Death Road, je continue sur ma lancée sportive avec l’ascension du Huayna Potosi. J’ai coché cette ascension suite à une discussion avec un gars rencontré en Nouvelle-Calédonie, le même qui m’avait recommandé la Death Road d’ailleurs. Cette ascension peut me permettre de passer une barre métrique que je juge mythique. Pour le moment, ma plus haute altitude fut 4900m dans le Sud-Lipez mais c’était en voiture, donc je vais tenter une vraie ascension pour aller taper cette fameuse barre métrique qui, je l’avoue, me fait rêver…



Je passe par l’agence Alberth Bolivia et je choisis de partir sur une ascension en groupe plutôt qu’en solo. J’aurais préféré cette dernière solution car en groupe nous sommes 2 ou 3 encordés au guide et si une des personnes ne réussit pas à grimper au sommet, c’est tout le monde qui redescend. Un côté roulette russe quoi, surtout que d’après les récits, il n’y a que 70% des personnes qui arrivent au sommet, les autres sont le plus souvent terrassés par le mal des montagnes ! Par contre en groupe l’ascension coûte 100€ (guide, refuge, nourriture, transport et équipement) alors qu’elle est de plus de 150€ en solo. 

Je prends  par contre la décision de partir pour 3 jours au lieu de 2 jours, c’est plus cher de 20€ environ, mais cela permet d’avoir une meilleure acclimatation à l’altitude et de s’exercer le premier jour aux crampons et piolet, une première pour moi qui joue plutôt sur de la moyenne montagne que de la haute montagne.



Le premier jour, il y a un ratage à l’allumage pour l’agence Alberth puisque sur les 6 personnes à tenter l’ascension, je suis le seul à prendre l’option 3 jours. On me demande si cela me dérange de passer sur 2 jours afin de faciliter les choses. Je refuse malgré la belle remise que l’on peut me faire (environ 40€), je comprends le côté pratique pour eux, mais je veux vraiment avoir cette journée supplémentaire d’acclimatation car j’appréhende énormément ma réaction à l’altitude. On me demande alors de décaler au lendemain car il y a plusieurs personnes qui tente l’ascension, je refuse une nouvelle fois. Et finalement, je me retrouve donc avec un guide pour moi tout seul, ce n’était pas le but de la manœuvre mais cela me rassure, si j’abandonne, ça ne sera que de ma faute. Autre couac, je chausse du 46-47, on peut seulement me proposer du 45.5 où je me sens à l’étroit… !

Ce fut le seul désagrément de ces 3 jours, pour le reste l’organisation fut au top et je recommande vraiment Alberth Bolivia si vous devez tenter l’aventure ! Je ferais donc équipe avec Alex, mon guide Bolivien et sur place je passerais les 3 jours avec Mathias un allemand qui a pour guide privée Rodrigo, un très bon ami d’Alex. Par contre il a payé plus de 160€ pour avoir ce luxe…

Arrivés ensemble au premier Base Camp, situé 1300m en-dessous du sommet que je dois aller conquérir 2 jours plus tard, on pose le sac à dos et on part directement avec Alex, Mathias et Rodrigo testé le matos et surtout s’initier aux crampons et piolet sur un glacier qui se trouve 45 minutes plus haut. L’utilisation de ce matos est assez simple, par contre comme je me doutais, les chaussures me procurent une douleur aux talons et chevilles. La fin se ponctuera par un test sur un mur de glace d’une dizaine de mètres à escalader, la pente est pas à 90 degrés, mais plutôt à 105 degrés. J’y arriverais pas d’ailleurs échouant après 8 mètres et laissant mes 2 piolets dans le mur de glace, ce qui provoquera un fou rire général de 10 minutes… Pas d’inquiétude cependant, cette grimpette était juste pour le fun et je n’aurais pas à affronter ce genre d’épreuve durant l’ascension. Redescente ensuite vers le Base Camp après 2h30 sur le glacier. Bon petit repas préparé par nos 2 guides et ensuite jeu de cartes intitulé « Penalty », un jeu auquel on a beaucoup joué durant les 3 jours dans une super ambiance.



Le deuxième jour, debout 7h pour prendre le petit-déjeuner et décollage à 8h pour grimper au Refuge Camp situé seulement 300m plus haut (en altitude, pas en distance !). On grimpe donc progressivement afin d’habituer le corps à l’altitude. Je ne ressens toujours rien et j’en suis fort content. La grimpette doit durer un peu plus de 2h, selon Alex, mais notre bon rythme, nous permet d’arriver en 1h30. Je suis cependant pas forcément rassurer, si les deux guides sont forcément très l’aise, mon ami Allemand se balade également, je suis un peu en retrait, pas distancé, mais je fais quelques efforts pour suivre, moi qui avait prévu de monter tout cool afin de ne pas me cramer… Suite à un échange avec Mathias, il m’indique qu’il fait énormément de randonnées et qu’il est donc normal qu’il soit aussi à l’aise… J’évite de lui dire que c’est pareil pour moi… Au Refuge Camp, je m’occupe avec un bouquin trouvé dans mon ancien hôtel et au fameux « Pénalty ». Là-bas je retrouve les 5 autres acolytes du premier jour, ayant tenté l’aventure sur 2 jours. Sur 5, seuls 2 ont réussis… Un étant terrassé dès le Refuge Camp et un Mal Aigu des Montagnes. Les deux autres abandonnant à  400m du sommet à bout de forces et de souffle. Cela ne me rassure guère. Alex m’indique que leurs erreurs c’est d’avoir tenté l’ascension sur 2 jours seulement, il essaye de me rassurer comme il peut. Ce jour-là, au lit à 18h.




Le troisième jour, le réveil sonne à 1h du matin, pour moi pas réussi à fermer l’œil de la nuit, trop froid et surtout trop excité, je me pose dix milles questions et c’est surtout ce problème de chaussures qui m’embarrasse ! Aujourd’hui nous sommes 15 à tenter l’ascension des 1000m derniers mètres de dénivelée positif. Les 13 autres personnes quittent le Refuge Camp entre 1h et 1h15 du matin. Alex et Rodrigo estiment que c’est trop tôt, nous partirons à 2h30. Ils sont convaincus qu’on a le niveau physique et la bonne acclimatation pour réussir l’épreuve en 5h30-6h.

On part très exactement à 2h40, bonne nouvelle, je ne ressens pas forcément de gênes avec les chaussures, cela m’enlève 1 des 35 boules que j’ai au ventre. (Pour faire un parallèle, vous savez la boule au vente du premier jour de rentrée à l’école, ben c’est là c’est pareil pour moi !) Dans la nuit, je vois au-dessus dans la montagne, les lumières des frontales, et je suis jaloux de savoir que certains ont déjà passés le premier mur. Le but de partir de nuit est multiple : avoir une neige compacte et facile à pratiquer, ne pas subir le soleil et sa réverbération sur la neige et pouvoir se faire le lever du soleil. Pour Mathias et moi, on devrait assister au lever du soleil, durant l’ascension car celui-ci est prévu aux alentours de 7h, il faudrait donc boucler l’ascension en 4h30. Le meilleur de la veille à boucler cela en 4h45…

Le premier mur passe sans soucis, avec un bon rythme, avec Mathias, nous avions prévenu vouloir partir lentement afin de trouver le rythme. On s’en fout du temps, on veut juste voir ce sommet. Au bout de 45 minutes, on croise une fille qui redescend avec son guide, elle ne digère pas l’altitude. Rapidement, c’est un groupe de deux allemands qui redescend, même sentence. Bizarrement, cela me motive, car je suis bien, pas de douleurs pour le moment. Cependant je reste prudent, j’ai lu des récits de personnes qui abandonnaient 150m en dessous du sommet.

L’ascension se passe bien, j’ai des bonnes jambes, avec Alex nous « ouvrons » la piste devant Mathias et Rodrigo. On doublera bientôt deux espagnols tentant l’ascension sans guide. Malgré notre allure que je juge très prudente, on les rattrape et les double rapidement. Bientôt un deuxième groupe sera également doublé… Je suis surpris, et je me pose beaucoup plusieurs questions « Est-ce qu’on va pas trop vite ? Est-ce qu’on ne va pas payer tout cela plus tard ? ». A ce moment-là, petit flash-back sur ma première course de Trail que j’avais fait avec Jérôme et Fred en 2010, sur certaines portions, je fanfaronnais en allongeant la foulée, et ils me chambraient en me disant « Qui fait le Malin, tombe dans le Ravin. Ils voulaient dire par là qu’il fallait que je me ménage, la course était longue, c’était les Grand Duc long de 75 kilomètres. Pour la petite histoire, j’ai abandonné au bout de 45 kilomètres à bout de forces, mon seul abandon…

Avec Alex dans une petite bosse, on se détache légèrement de Rodrigo et Mathias. Mais ils reviendront très rapidement sur nous, car je suis un peu court sur pattes, pas de soucis avec le souffle, mais les jambes sont lourdes. Ca cogite dans la tête « Merde ! Je viens de me cramer tout seul ! ». Surement l’euphorie de rattraper du monde, tu t’emballes et tu payes les conséquences… « Qui fait le Malin, tombe dans le Ravin »…

Je tire sur la corde qui me relie à Alex, et lui dit « Tranquillo Amigo, tengo tiempo ! El objectivo es el cumbre, no el chrono !». Il se retourne, me sourit et ralentit. Cela reste malgré tout très dur pour moi, je lève la tête, le sommet est juste au-dessus de moi, enfin 500m plus haut. Je commence à douter, et le groupe que l’on croise et qui redescend abandonnant l’effort, ne me remonte pas le moral cette fois. Cela fait seulement 2h que l’on est parti, seulement un tiers de l’effort. On marque une pause. Mathias m’indique que c’est également dur pour lui et il craint également qu’on soit parti trop fort. Cependant une nouvelle, nous remonte le moral, Rodrigo et Alex nous indique que le sommet n’est plus qu’à 2h30. On mettrait donc 4h30. On leur demande de ralentir le tempo vu que l’on a de l’avance.

On repart droit dans un mur, et mes chaussures commencent à me cisailler, j’ai mal, je ne pense qu’à cela, à chaque pas, j’ai une douleur au talon et à la cheville. Paradoxalement ces douleurs, me font oublier mes jambes lourdes. Je serre les dents et je sais que ce ne sont pas ces douleurs qui me feront faire demi-tour. Je me dis que c’est juste 2h30 à souffrir, pour faire un truc de fou, un truc qui me tient à cœur. Qu’est-ce que 2h30 ?

Malgré la consigne passée à Alex et Rodrigo, je n’ai pas l’impression que c’est un tempo cool qu’ils nous imposent, cependant, je le digère parfaitement. Après 3h d’effort, nous marquons une pose. Les guides nous demandent de lever la tête, avec Mathias nous apercevons une dizaine de frontales au-dessus de nous. Ils nous indiquent que nous sommes plus qu’à 150m du sommet. Et seulement 1h d’effort. Quoi ? Déjà ? C’est une blague ? Cela me booste, à partir de ce moment, je ne sens plus mes jambes, plus les douleurs aux pieds. Car je suis bien, et je sais que je verrais le sommet, quitte à ramper !

30 minutes plus tard, Alex, me regarde et m’indique qu’on vient de passer la fameuse barre métrique que je voulais voir tomber. Je souris, dans ce sourire c’est de la joie, mais surtout de la fierté. Il m’indique qu’il ne reste plus qu’une partie avec vue totale sur le sommet. Ce chemin restant c’est une arrête étroite, à ta droite le vide, à ta gauche le vide. Cette arête sera vite avalée, car j’ai hâte d’être au sommet, malgré la pente très inclinée, on accélère avec Alex. 

Après 3h45, nous sommes au sommet. Le soleil commence à se lever à peine. Je tombe dans les bras d’Alex qui me félicite pour y être arrivé et aussi pour le temps que l’on a mis. Dans ma tête c’est un vrai 14 Juillet, un feu d’artifice de mille couleurs. Je tombe au sol et je souris à ne plus m’en arrêter. Je l’ai fait, je l’ai fait ! Ce n’est pas un exploit à proprement dire, d’ailleurs ce jour-là nous sommes 7 sur 15 à réussir l'ascension, preuve que cela n’est pas unique. Mais je m’en fous, je suis fier ! Fier d’être là, fier de cette bataille de 3h45, fier de ne pas éprouver de douleurs liées à l’altitude, fier de ce voyage qui me permet de voir une nouvelle fois une chose magnifique…





Et surtout fier d’avoir cassé cette barre. Ah oui c’est vrai, je ne vous ai toujours pas dit l’altitude du sommet. Cette fameuse barre que je voulais voir tomber, ce n’est pas celle des 5000m, c’est bien celle des 6000m d’altitude. Le Huayna Potosi c’est très exactement 6088m.

La redescente doit prendre 2-2h30 selon Alex. On mettra une heure, oui j’avoue on a fait la course. Et oui j’avoue je suis tombé une fois… Enfin dans la neige, vous imaginez bien que la douleur ne fut pas violente. Dans cette descente, je découvre les paysages que j’ai traversés de nuit. C’est féérique !




Au moment des adieux, je salue chaleureusement Alex mon guide et lui donne mon foulard qu'il m'avait indiqué adoré car il est assorti à sa casquette, il voulait même me l'acheter. Il est surpris et me tombe dans les bras en guide de remerciements.

Voilà fin de l’article. Fin de l’introspection de ces 3 jours et plus particulièrement de cette journée d’ascension. Un souvenir à jamais gravé dans ma mémoire… J'en ai encore la chair de poule en écrivant cet article.